Une vague de démissions secoue la Direction générale de l'Enseignement supérieur (DGES). Cinq responsables de premier plan ont quitté leurs fonctions, invoquant des divergences profondes avec les orientations actuelles des politiques publiques dans le sous-secteur de l'enseignement supérieur.
Points clés
- Cinq directeurs ont présenté leur démission simultanément
- Motif invoqué : désaccords sur des projets structurants (ESPOIR-Jeunes, « Un étudiant, un ordinateur »)
- Préoccupations : avenir des réformes issues de l'ANTESRI
- Contexte : transition ministérielle récente au MESRI
Les responsables concernés
Les démissionnaires occupaient des postes clés de la gouvernance universitaire :
- Pr Abdoul Aziz Diouf, Directeur général de l'Enseignement supérieur (DGES)
- Pr Babou Diène, Directeur de l'Enseignement supérieur public (DESPub)
- Pre Mame Penda Ba, Directrice du Financement des Établissements d'enseignement supérieur (DFEES)
- Pr El Hadji Omar Thiam, Directeur des Études et de la Coopération (DEC)
- Pr El Hadji Samba Ndiaye, Directeur des Affaires académiques et juridiques (DAAJ)
Dans une déclaration commune, ils ont tenu à remercier le personnel de la DGES, l'administration ministérielle et l'ensemble de la communauté universitaire.
Au cœur des désaccords : des projets jugés structurants
Les cinq responsables expriment leurs préoccupations autour de plusieurs dossiers majeurs :
Le programme ESPOIR-Jeunes
Doté d'un financement de 123 milliards de FCFA, ce programme devait permettre :
- La construction de huit Instituts supérieurs d'enseignement professionnel (ISEP)
- Le renforcement des infrastructures universitaires
- La transformation numérique des établissements
- Le soutien à la recherche et à l'innovation
Les démissionnaires craignent que les nouvelles orientations ne remettent en cause les acquis de mois de travail.
Le programme « Un étudiant, un ordinateur »
Ils regrettent l'évolution de ce projet, pour lequel ils avaient proposé une réforme visant à renforcer la transparence et le respect des règles de la commande publique.
Les réformes réglementaires
Plusieurs projets de textes relatifs aux allocations d'études et aux amicales d'étudiants, élaborés dans le cadre de l'Agenda national de transformation de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation (ANTESRI), seraient également concernés par ces changements de cap.
Un contexte de transition ministérielle
Ces démissions interviennent dans un climat de recomposition au sein du Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation (MESRI), suite à la passation de service entre le Pr Daouda Ngom et le Dr Boubacar Camara.
Les démissionnaires rappellent avoir engagé des réformes fondées sur les 75 recommandations de l'ANTESRI, avec plusieurs projets de textes réglementaires déjà avancés.
Perspectives et enjeux
Cette crise de gouvernance soulève des questions importantes :
- Quelle continuité pour les projets structurants de l'enseignement supérieur ?
- Comment concilier changement politique et préservation des acquis techniques ?
- Quel impact sur la mise en œuvre des réformes en cours ?
La communauté universitaire et les partenaires du secteur suivront avec attention les prochaines décisions ministérielles et les modalités de remplacement des postes vacants.
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